Semaine des Proches Aidants 2019

 

Offrez Rire et Inspiration… Pourquoi pas ?

La Confé-Show :

AIDANTE NATURELLE… Y’A RIEN DE NATUREL LÀ-DEDANS ! 

Nous sommes tous un jour confrontés aux maladies de nos proches. Décider d’être aidante naturelle et accueillir la fin de vie de nos proches amène un lot de défis autant émotifs que logistiques. Malgré mon changement de carrière à 180 degrés des sciences à l’humour et tous les autres défis que j’ai relevés dans ma vie, celui d’accueillir chez moi, ma mère de 90 ans en fin de vie a été le plus grand défi et aussi celui dont je suis le plus fière. Personne n’est naturellement outillée pour relever ce genre de défi. Alors avec l’expérience que j’ai vécue,  je vise à aider les gens à s’adapter, à comprendre et à accepter les hauts et les bas de la perte d’autonomie autant pour la personne qui aide que pour celle aidée. Gérer la maladie dans le quotidien de la vie c’est tout un défi… Une Confé-Show émotivement inspirante et généreusement saupoudrée d’humour qui fait du bien à tous ceux qui s’occupent d’un proche d’une façon ou d’une autre ou tous ceux qui veulent démystifier ce sujet qui nous affecte tous. 

Qu’est-ce qu’une Confé-Show ? 

C’est un concept hybride aussi inspirant qu’une conférence et aussi drôle qu’un spectacle d’humour. L’objectif : Faire du bien aux Proches Aidants et sensibiliser l’ensemble de la population.

Avec mon expérience d’aidante naturelle et ma façon d’aborder la vie avec humour, cette prestation est remplie de clins d’oeil totalement hilarants, mais surtout d’une grande humanité. 

J’aborde et vulgarise avec légèreté et humour des thèmes aussi sensibles que :

  • la perte d’autonomie autant physique que mentale, 
  • la difficulté de trouver de l’aide, 
  • les réactions émotives, 
  • les hauts et les bas pour l’aidant et l’aidé,
  • la fatigue émotive et physique,
  • les chicanes de famille,
  • etc… 

Tous ces thèmes vus sous un regard qui crée une très grande complicité. 

Les gens se reconnaissent. Ils sont touchés, émus tout en riant aux éclats avec ces situations qui peuvent tapisser le quotidien des Aidants Naturels… parce que, être Aidante naturelle, y’a rien de Naturel là-dedans ! 

Durée de la Confé-Show : 45 minutes à 1h15 selon votre événement. 

Concept clé en main incluant les équipements d’éclairage, de son et un technicien qui s’occupe du montage et démontage. 

Vous pouvez aussi opter pour le Duo-Délice

qui ralie la Confé-Show + une partie du spectacle d’humour : Si ça se vit, ça se rit !

Une option sans pareil pour offrir un moment mémorable à vos participants.

 

Vous vous demandez…

Oui, mais c’est quel genre d’humour ?

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Écoutez la critique de l’animatrice de radio Caroline Lavertu, elle va vous le dire :

 

Plusieurs possibilités de prestations s’offrent à vous selon votre événement.

Que ce soit un déjeuner, un brunch, un souper, une activité en après-midi ou en soirée nous nous adaptons à vos besoins pour maximiser le plaisir de vos participants.  Les temps des prestations sont variables et adaptables.

 

Aussi lisez ce petit mot reçu du directeur des loisirs de Saint-André-Avelin suite à ma participation à son événement de Reconnaissance de ses bénévoles…  

 

 

Contactez-nous 514-418-3776 info@chantalfleury.com

 

 

En création …

Le livre : Aidante Naturelle,

y’a rien de natruel là-dedans

 

Avec un grand plaisir,  je vous partage le premier chapitre de mon livre drôle et inspirant qui sera disponible en Novembre 2019. 

Pour la lecture de ce livre, vous aurez besoin de « kleenex ». Pour certains chapitres ce sera parce que vous allez beaucoup rire et pour d’autres, parce que vous serez très touchés.

Ça part de même…

Quand la mort fait partie de la vie… 

Je la regarde et dans ses yeux qui se meurent,  je me vois, je nous vois.  Si proches et bientôt si loin…

La mort, cette incontournable partie de la vie qui nous effraie, nous tourbillonne les émotions, nous chavire le bonheur et nous confronte à notre incapacité devant l’inévitable. J’aurais aimé avoir une potion magique, une formule alchimique ou une prière divine qui m’auraient permis de la garder à tout jamais. Mais la mort fait partie de la vie et on l’oublie souvent !

Assises sur des chaises au vinyle passé date, dans un corridor aux murs beiges fin d’automne malade, éclairés de néons buzzant, dans cette ambiance qui ferait remonter le déprimant à n’importe quelle personne heureuse, nous attendons l’appel du médecin. Une interminable attente pour savoir si oui, si non, si peut-être.

Finalement au loin résonne : « Madame Vézina ! » 

Instantanément, mes pulsations cardiaques tournent au turbo.  Nous entrons dans le bureau, nous nous assoyons. Ma mère, Mouman, comme on dit souvent au Québec, me regarde. Dans son regard à la fois triste et complice, je vois qu’elle le sait déjà. Elle sait qu’à 90 ans, elle est au dernier automne de sa vie. Les bourgeons ne reviendront plus. Son corps fatigué termine sa dernière saison.

Le médecin ouvre son dossier, commence à lire,  prend une respiration, le referme, d’un geste de la main, le tasse, se relève la tête, enlève ses lunettes, les dépose à la vitesse escargot, nous regarde et nous annonce :

« Le cancer semble se propager. Nous pourrions faire d’autres tests, mais cela ne changera rien. »

Tonnerre, tremblement de terre, tsunami ! Mouman me regarde, et du fond de nos cœurs sans même parler, nous nous entendons mutuellement hurler : je t’aime ! Le regard peut hurler tellement fort. 

Mouman a peur de souffrir, peur d’être un fardeau, peur de ne plus avoir sa tête, peur d’avoir peur. Moi, je fais ma solide. Je la rassure. Je lui tiens la main. Je l’amène dîner au restaurant… comme pour mettre un baume sur cette fatalité qui vient de faire culbuter notre bonheur.

– Vient Mouman, on va aller manger un bon « smoked-meat ».

Drôle d’idée, mais dans ces moments-là, on fait ce qu’on peut et je peux vous assurer que rien dans la vie nous prépare à savoir quoi faire, quoi dire.  Et il n’existe certainement pas de preuve scientifique qui démontre que le « smoked-meat » aide à digérer le cancer. 

Cette journée, en revenant de chez ma mère, seule dans mon auto, je crie de douleur. De l’intérieur de mon corps, mon cœur se brise en mille éclats. Mouman s’en va.  En plein trafic de fin de journée, je pleure ma vie ! Je pleure sa vie ! Je pleure notre relation mère-fille. Je pleure nos 22 appels par semaine. Même à l’âge de 47 ans, je me sens encore sa petite « gripette », son bébé et elle est MA Mouman. J’espère trouver la force, le courage et surtout les moyens de l’aider à mettre un peu de soleil sur le chemin de sa fin de vie.

Quelques mois après l’annonce matraque, le cancer, ce monstre affamé et sans cœur, ravage de plus en plus son corps amaigri. 

La fatigue, la douleur et le découragement attaquent le fort et le prennent d’assaut. Son armée vaincue doit rendre les armes. Échec et mat ! La reine ne peut plus tenir. Elle doit, avec résilience, accepter l’évidence bouleversante qu’elle n’a plus la force de rester seule dans ses quartiers. 

Le monstre lui arrache ses derniers moments d’autonomie. Elle doit inévitablement quitter son logis, son milieu de vie. Elle, Ma petite Mouman, la doyenne de l’endroit, doit s’engager sur le sens unique qui la dirige vers la fin de sa route. Direction : Dead End ! Elle doit quitter son bingo, sa technique Nadeau, ses joutes de cartes à cinq cents avec ses trois fidèles amies dont Rita, la reconnue tricheuse de la gang. Mouman me l’a dit : il y a toujours une tricheuse dans les groupes de cartes.

Dans toutes les fibres de mon corps, je sais avec une grande conviction que je veux lui offrir une fin de vie dans la dignité, l’amour et dans la limite du possible selon sa condition, lui offrir encore de doux moments. Tant que ce sera possible, il n’est pas question qu’elle finisse ses jours dans la froideur d’un centre d’hébergement entourée de gens qu’elle ne connait pas et qui pourraient la maltraiter. Surtout qu’à ce moment précis, les bulletins de nouvelles regorgent de reportages sur la maltraitance des ainés dans différents centres au Québec. Je décide de tout faire pour la garder chez moi.

Avec la complicité de ses amies de cartes, j’organise une fête dans la salle communautaire. Je fais préparer un goûter. Petites sandwiches sans croûte et un délicieux grand gâteau blanc à la vanille avec un crémage au beurre comme Mouman les aime. Une trentaine de personnes viennent lui dire au revoir. Ils ont même préparé une boîte au trésor dans laquelle chacun avait glissé une petite pensée, un petit mot. Imaginez-vous donc que Léon, le chum de Rita, lui a même écrit une déclaration d’amour. Ohhhhh ! Pour chaque personne, j’avais acheté une petite plante, un bambou, pour que tout le monde ait un souvenir de Mouman; comme si j’espère qu’elle reste vivante dans le cœur de chacun. Une façon de rallonger sa présence, de la garder vivante. Rita la tricheuse s’empare subtilement de deux bambous ! Mouman la voit. D’un élan vocal, elle vocifère énergiquement : 

« Rita, qu’est-ce que tu fais là ?

Tu n’as pas le droit d’en prendre deux ! »

Chez moi, sa chambre l’attend.  Avec une grande douleur au cœur, mon neveu, mes nièces et moi vidons son appartement. Je n’avais jamais réalisé que la fin de vie s’accompagne de plusieurs deuils. Vider un appartement rempli de souvenirs fait partie de ces deuils. Chaque objet que je prends dans mes mains évoque une histoire, un mot, une chicane, des rires, des obstinations, du plaisir.  La banalité n’existe plus. Tous ces petits détails prennent une grande importance. Dans mes mains s’illuminent et s’éteignent à la fois toutes ces histoires de vies. Des larmes de joies, de peine, de nostalgie me viennent toutes en même temps. Inévitablement, je commence à ressentir son absence et ce gigantesque vide qui m’envahira, me torturera très bientôt. D’un élan du cœur, je me jure de profiter de chaque moment qu’il nous reste pour apporter du soleil sur son dernier sentier de vie. 

Le pâté chinois connaissez-vous ? Steak, blé d’Inde, patates !

Un soir, j’arrive de travailler, j’ouvre la porte et à peine entrée dans la maison, Mouman assise dans le salon me garroche bêtement : 

« Qu’est-ce qu’on MANGE pour souper ?

Du tac au tac, je prends un ton aussi rébarbatif et je lui lance :

– JE NE SAIS PAS Mouman qu’est-ce qu’on MANGE pour souper !

     Elle me regarde, le front plissé, les yeux suspects et elle riposte : 

– POURQUOI tu me parles BÊTE ? 

– J’ai PRIS le même TON que toi MOUMAN !

– BEN NON, je ne te parle pas de même ! 

– OUI !  Tu me parles de même Mouman !  

Je la regarde, lui souris, elle s’éclate de rire.

   – Qu’est-ce que tu aimerais manger ? »

Elle me regarde les yeux tristes, la larme à l’œil, la face en baboune et avec émotion balbutie : 

« – J’aimerais manger un bon pâté chinois !

– Pourquoi pas ? Ça tombe bien, on a tout ce qu’il faut. Viens t’assoir à la table on va le faire ensemble. »

D’un élan dynamiquement très décidé, elle se lève, agrippe sa marchette et gambade presque en mode formule 1. Vrouuuuuuum !  À ce moment précis, malgré le cancer qui lui ronge le corps, elle vient de finir première aux Oympiques de la marchette. 

Je lui donne une patate à éplucher. J’épluche les autres.

On jase de Nonour qui vient d’entrer en miaulant. On dirait qu’il veut participer à notre conversation. Nonour est le magnifique gigantesque chat de 20 livres de Mouman.  Oui vous avez bien lu… 20 livres ! Très pesant le ti-minou ! Elle ne peut plus le prendre, elle risque de tomber par en avant. Elle me regarde et d’un ton rempli d’émotion, elle me demande : 

« Tu vas t’occuper de Nonour quand je ne serai plus là ? 

– Ben oui Mouman ! 

et on entend : 

– Miow, Mioww, Mioowwww » 

Je cuis le steak haché, lui fait goûter. Elle avale me souris :

« il manque de sel ! »

Je lance une des balles du chat dans les airs.  Nonour s’élance de tout son long à deux-trois pieds dans les airs, attrape la balle, mais manque totalement son atterrissage. Badaboum !  Moman le regarde et s’éclate de rire. Entendre ses rires, une belle douceur de bonheur à mon oreille. 

Je pile les patates, elle goûte : « il manque du beurre et du… oui c’est ça du sel. Ha ha ha !  »

J’ouvre les cannes de blé d’Inde. Ensemble, nous les versons sur la viande hachée.

Nous étendons les patates tranquillement, comme si nous voulions étirer le temps. Mouman les badigeonne de beurre pour les faire griller. Badigeonner n’est pas tout à fait le mot juste.  Elle met des morceaux… gros morceaux de beurre ! On se regarde et en stéréo, nous nous exclamons : « Parce que du beurre, c’est du beurre ! » Et nous éclatons de rire.  (Chez nous la margarine n’est pas une option !) 

Enfin prêtes à mettre le pâté chinois au four. Mouman me regarde, les yeux pétillants de bonheur, un sourire d’accomplissement lui scintille la pupille et elle me tape un clin d’œil complice tout en murmurant avec sa petite face taquine malgré les rides de ses 90 ans : « Ça va être très très très bon Chaton ! »

Je réalise que la perte d’autonomie apporte des frustrations et des émotions qui sont parfois très difficiles à saisir. À mon arrivée, Mouman était frustrée de ne pas pouvoir faire à manger. Frustrée de dépendre de sa fille. Frustrée d’être devenue l’enfant. Frustrée d’avoir à me demander de lui faire un pâté chinois.   

Quand la mort fait partie de la vie, faut saisir les opportunités pour partager le moment présent; faire entrer le soleil le temps d’un instant. Croyez-le ou non, mais faire du pâté chinois peut devenir un unique, mémorable et immense bonheur. Même s’il est plus salé que les rues de Montréal en janvier, il est de loin le meilleur pâté chinois de toute ma vie !  (texte de Chantal Fleury, tous droits réservés)